L'origine de la commune :

La commune de Vigoulet-Auzil est née du groupement de deux communes créées en 1789, Vigoulet et Auzil, unies administrativement en 1842.

 

Avant la Révolution, Auzil était un hameau de Vieille-Toulouse, Vigoulet était une communauté, avec son église mais annexée (notée succ. sur la carte de Cassini) à la paroisse de Pechbusque à laquelle elle était aussi administrativement liée. Par contre, en 1845, la préfecture se heurta à un refus de la population de Vigoulet-Auzil quand elle lui proposa la réunion de Vigoulet- Auzil avec Mervilla.

Auzil et Vigoulet sur la carte de Cassini (milieu à fin du 18ème siècle) :

Cassini Vigoulet

En plus gros caractères les noms des communautés ou paroisses (les communes en tant que telles seront créées en 1789). En plus petits caractères les lieux-dits qui leur sont rattachés.

  

Que signifient les noms de Vigoulet et Auzil ?

L’origine de ces noms a été discutée. Pendant longtemps, on les a considérés comme d’origine latine. Ainsi, on faisait dériver Vigoulet de vicus « village » et du diminutif ule, soit le « petit village ». Ernest Roschach (1837-1909), archiviste de la ville de Toulouse à la fin du XIXe siècle, faisait dériver Auzil du terme auxilium (garde, secours) à rapprocher de la géographie du lieu en promontoire, adaptée à un poste de surveillance. Roschach, qui vécut à Auzil, parlait de « l’éperon d’Auzil ».

Aujourd’hui, alors que la présence wisigothe puis franque en ces lieux est mieux connue, on considère que ces noms ont pour origine un patronyme germanique romanisé à relier aux dominations, wisigothe du Ve siècle, puis franque à partir du VIe. André Soutou, auteur en 1965 d’une étude sur Pechbusque, Vieille-Toulouse et Vigoulet-Auzil, retient cette origine germanique pour Auzil qu’il fait remonter à «Audilus», dont la racine germanique est ald, alda, « vieux, noble », et pour Vigoulet qu’il fait dériver d’un anthroponyme germanique apporté par la conquête franque du VIe siècle et donc postérieur à l’occupation wisigothe : « Bigolenus » dans sa forme latinisée. Ernest Nègre (1991) fait aussi appel à ces origines germaniques pour Auzeville, Auzéville en Argonne, Auzielle, Auzil, etc.

 

Auzil et Vigoulet en pays toulousain aux portes du Lauragais historique

L'approche administrative historique, via les juridictions de l’Ancien Régime, met en évidence l’étroite dépendance d’Auzil et de Vigoulet vis-à-vis de Toulouse et leur non appartenance au Lauragais dit historique bien que faisant partie des coteaux sud du Lauragais géographique. En effet Vieille-Toulouse, Pechbusque, Auzil, Vigoulet, Lacroix-Falgarde, Goyrans et Aureville étaient dans la sénéchaussée de Toulouse, alors que Mervilla, Rebigue, Corronsac, Espanes et Clermont étaient dans la sénéchaussée du Lauragais, le Lauragais historique tel qu’on le définit aujourd’hui.

 

L'habitat de Vigoulet-Auzil

L'habitat et le bâti originels de Vigoulet-Auzil, commune historiquement dominée par des activités agricoles, sont le produit de l'organisation socio-économique traditionnelle d'un terroir céréalier fécond, le Lauragais.

Des maisons de maître, souvent appelées châteaux, sont réparties en différents points du territoire communal.On distingue 4 Châteaux ou Maisons de maître remarquables sur Vigoulet-Auzil : le château d'Arquier, le château d'Auzil, le château de Terrède, et enfin le château de Vigoulet aussi appelé de Teynier dont l'histoire nous permet de comprendre celle du village (voir plus loin).

 

 Le Château d'Arquier

 

Le Château d'Auzil

 

Le Château de Vigoulet ou Château de Teynier

Teynier2

 

Ces Châteaux sont entourés d'une part de dépendances de caractère (bordes ou métairies), faites de briques et de galets roulés, d'autre part d'un noyau d'habitations toulousaines groupées. Cette organisation originelle à faible densité d'occupation est aussi celle que l'on retrouve dans les villages voisins de Vigoulet-Auzil.

La  métairie de Fenasse

 

 

Le château de Vigoulet et l’histoire du village 

L'histoire de Vigoulet est associée à celle d'un domaine très ancien sur lequel a été érigée une demeure noble appelée le château de Vigoulet, sur un lieu-dit qui a lui-même porté le nom de Vigoulet. Son premier propriétaire connu fut Pierre de Vigoles, capitoul de Toulouse. Plusieurs de ses descendants accédèrent au capitoulat comme Jean Vigoles (au milieu du XVe siècle) ainsi que, par la suite, plusieurs seigneurs « de Vigoulet ».

Les de Noz puis Denos et le cimetière protestant de Vigoulet

La famille de Noz, puis Denos, occupa longtemps le château de Vigoulet et nombre d’entre eux accédèrent au capitoulat. Des représentants de cette famille de Noz sont connus pour leurs sympathies pour le protestantisme. En 1572, pour la Saint-Barthélemy, les protestants enfermés dans le couvent des Carmes, à Toulouse, furent massacrés, dont Jean de Coras (célèbre jurisconsulte toulousain, connu aujourd'hui pour avoir instruit l'affaire Martin Guerre). François de Noz, seigneur de Vigoulet, accepta leur sépulture sur ses terres en un bois proche du château autrefois désigné le bois des protestants sur un emplacement qui a été identifié il y a quelques années.

Vers le milieu du 18ème siècle, Rose de Jaume, héritière du château, dut en faire abattre une partie et restaura l’autre, donnant au château son aspect actuel. Le château avait été conçu au XVIIe siècle sur le modèle de ceux de Casselardit et d'Escalquens, selon un plan carré avec 4 tours d'angle, avec pour seule différence que les tours sont en élévation, avec leur toit propre, à Casselardit, et ne l'étaient pas à Vigoulet comme elles ne le sont pas non plus à Escalquens. Ce détail architectural pourrait être mis sur le compte de la discrétion ou du nécessaire effacement que devaient s'imposer les châtelains protestants ou proches de cette religion.

Le legs de Suzanne Huleau de Francon, et le bureau de bienfaisance de Vigoulet-Auzil

Suzanne de Sers, épouse d’Huleau de Francon, héritière du château, institua vers 1783 un legs « de 2000 livres de rente fait aux pauvres habitants et bien tenants de Vigoulet et de Francon ». Vers la fin des années 1790 le maire de Vigoulet engagea un procès aux de Cambon, héritiers des de Francon, pour recouvrer cette rente qui n’était plus versée depuis 1792 et pour qu’elle le soit au bureau de bienfaisance de la commune. Un arrêt du Conseil d’Etat, signé par l’Empereur le 12 septembre 1812, au quartier général de Vitebsk (Biélorussie), se prononça en faveur des «communes de Vigoulet et Francon qui percevront les versements pour leurs bureaux de bienfaisance». Cependant la commune dut encore plaider et n’obtint un versement qu’à partir de 1832.

Les de Cambon sous la Terreur

Jean-Louis Emmanuel Augustin de Cambon, héritier du château, fut le dernier président du parlement de Toulouse supprimé par la Révolution Il échappa, en se cachant, aux recherches engagées contre lui pendant la Terreur, mais son épouse, Dorothée-Etiennette née Riquet de Bonrepos, mourut guillotinée le huit thermidor 1794, la veille du jour de la chute de Robespierre, après s’être refusée à livrer le lieu où se trouvait son époux.

Les Ville-Teynier

Les Teynier et les Ville sont des familles originaires d'Ariège où elles s'enrichirent dans le commerce et s'élevèrent socialement. Les Teynier ont longtemps détenu d’importantes propriétés urbaines dans Toulouse et aussi en banlieue dont, entre autres, un domaine au lieu-dit Teynier à Lardenne. Le nom de Teynier va être attaché au château de Vigoulet au point de le désigner aujourd'hui.

Jean-Louis Teynier, négociant toulousain, ancien prieur de la Bourse de Toulouse (équivalent de président de tribunal de commerce sous l'Ancien Régime), fut élu capitoul en 1767. Il donna tous ses biens et sa fortune à Joseph Étienne Ville, son neveu, à la condition expresse de faire l'addition de son nom et de porter ses armes et cela à l'occasion de son mariage, en 1788, avec Anne-Henriette Cabarrus, de la célèbre famille des Cabarrus, négociants armateurs de Bayonne et Bordeaux.

Joseph Etienne Ville-Teynier acheta le domaine de Vigoulet vers la fin des années 1790. Il fit partie des personnalités de la ville désignées pour accueillir l’empereur lors de sa venue à Toulouse en 1808.

Son fils, Jean-Louis Théodore, hérita du château de Vigoulet et de son domaine. Banquier, domicilié au 12, rue saint Antoine du T, à Toulouse, il fut maire d'Auzil puis de Vigoulet-Auzil pendant 70 ans, jusqu'à son décès en novembre 1884, à 97 ans. Gestionnaire avisé et dynamique de son domaine de Vigoulet, il fit face à la chute des cours du blé en développant l'élevage du cheval de remonte pour l'armée et créa la jumenterie de Teynier dont un des bâtiments est ici représenté.

Son fils, Gustave Ville de Teynier (1868-1913), ne fut pas maire de Vigoulet-Auzil mais le conseil municipal le retint comme délégué sénatorial. Il développa l’élevage d’anglo-arabes à Vigoulet et aussi dans le domaine Teynier du quartier de Lardenne, à Toulouse. Le domaine Teynier de Lardenne fut vendu en 1922 à l'Institut de sérothérapie de Toulouse (IST), aujourd'hui Mérial (Sanofi), qui y développa l'entretien de chevaux producteurs de sérums à usage vétérinaire.

Jean Cougul et le cheval à Vigoulet-Auzil

Après être avoir été la propriété de la famille Azam d’Auzeville, Jean Cougul en devint l’acquéreur en 1948. Il est élu maire de Vigoulet-Auzil en 1954.

Vers 1960, la commune de Vieille-Toulouse lance le golf et les aménagements résidentiels sur son territoire. Jean Cougul reprend le thème de l'aménagement et du développement communal autour du sport. Il aménage les dépendances de Teynier pour y monter un club hippique. Grâce au soutien de Jean-Baptiste Doumeng, il importe et revend des chevaux arabes en France, dont le légendaire Persik. La Jumenterie de Teynier sera par la suite transformée en ce qu'elle est aujourd'hui, un club d'équitation et un lieu de pension pour chevaux.

 

 

L'Eglise de Vigoulet-Auzil

L’église primitive, commune à Vigoulet et à Pechbusque était située avec son cimetière à hauteur de l'actuel hameau dit de Saint-Sernin, sur Pechbusque, près de l'actuel château d'eau. A la suite d'un peuplement plus conséquent, à la fin du XIVe siècle (vers 1377), deux églises sont édifiées, l'une à Pechbusque, l'autre (annexe de la précédente), dédiée à Saint Martin, à Vigoulet. Ces deux églises ont été incendiées pendant les guerres de religion. La plus ancienne, consacrée à Saint-Sernin, n'a été désaffectée qu'en 1632. La reconstruction de l'église de Pechbusque date de 1593. Il semble que celle de Vigoulet ait eu lieu à la même date, des éléments du bâtiment ancien ont été dégagés lors de la restauration de 1963.

 

L'église Saint-Martin possède un clocher-mur en brique caractéristique des églises du pays toulousain. Elle a fait l'objet d'une très importante rénovation en 2010 et 2011 qui a comporté l'édification d'un nouveau plafond et l'adjonction de nouveaux vitraux.

 

Evolution de la population de Vigoulet-Auzil :

 

Histogramme de la démographie de Vigoulet-Auzil (selon les recensements des habitants): 

 

 

Jusqu'au début du XIXème siècle, dans ce milieu essentiellement rural, des fermes produisaient sur place tout ce qui était nécessaire : viande (cochons, volailles), lait, vin, bois de chauf­fage. Les cultures dominantes étaient le blé et le maïs.

 Au cours de la première moitié du XIXème siècle, on constate un très léger accroissement démographique associé à une situation économique favorable au marché du blé dans l'économie locale et donc à l'emploi agricole.
 Tout au long de la deuxième moitié du XIXème siècle, et de la première moitié du XXème, la population stagne ou diminue en fonction de plusieurs facteurs: la chute des cours du blé, l'exode rural lié à l'essor économique de la ville de Toulouse (plus attractive), la mécanisation de l'agriculture, les pertes humaines de la guerre de 1914/1918.

L'histogramme de la population de Vigoulet-Auzil (ci-dessus), montre une transition très rapide: le village rural qui existait initialement avec une centaine d'habitants est brutalement devenu une banlieue résidentielle de Toulouse, en une vingtaine d'années, à partir de la fin des années 60. La population atteignant plus de 900 habitants. On notera cependant une légère diminution à partir des années 2000...

  

Sources de cette page :

L'ancien site de Vigoulet-Auzil.

Le site wikipedia consacré à Vigoulet-Auzil : http://fr.wikipedia.org/wiki/Vigoulet-Auzil

Remerciements particuliers à Monsieur Roland Darré qui a rédigé la majeure partie de cet artice (à partir de la partie historique du site wikipedia dont il est le principal contributeur). Il nous a, par ailleurs, autorisés à utiliser ses photos.

Monsieur Roland Darré a également rédigé un article dans le Lien de septembre 2014 : "Vigoulet-Auzil: histoire d’un village des coteaux sud du Lauragais sous influence de notables toulousains

 

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